Accueil
Home
Portada
Agenda
Events
Agenda
La revue
The journal
La revista
Textes à télécharger
Texts to download
Publicaciónes
Liens
Links
Enlaces

Ouvrages d’auteurs d’Études freudiennes
Books of Études freudiennes authors

 
 

Journées d'Études freudiennes à Toulouse
12 et 13 janvier 2001

Amour de transfert, amour d'enfant

Argument

La psychanalyse est une affaire d'amour. La psychanalyse est une affaire d'enfants. Dès 1899, dans L'Interprétation des rêves, Freud notait que, dans le rêve, on « trouve l'enfant toujours vivant avec ses impulsions » parmi lesquelles il faut, bien entendu, compter celles qui sont de nature amoureuse. On en conviendra aisément.

En 1915, pourtant, dans ses « Observations sur l'amour de transfert », Freud en vint à forger le tableau clinique de la patiente qui, soudain tombée tout entière sous l'emprise de la « partie animale de son moi », en vient à faire le siège du praticien en vue d'obtenir qu'il la possède sexuellement. Son ardent souci de défendre le mouvement psychanalytique dont il avait fait sa cause ayant en l'occurrence oblitéré son véritable intérêt pour la psychanalyse, Freud avait été prêt à toutes les concessions pour tenter de faire de Jung son dauphin aryen, garant du rayonnement de l'institution psychanalytique. Or, Jung entretenant une liaison orageuse avec sa patiente Sabina Spielrein, il le dédouanait, avec une mauvaise foi prétendument éhontée, en lui décrivant cette dernière à peu près dans les mêmes termes dont il usera dans son article pour brosser le tableau de la patiente subitement devenue bestiale.

Amour de transfert : voilà donc une locution ambiguë dont l'usage soutient aujourd'hui encore des hantises fondées sur des préjugés restés tenaces, alors que dans notre pratique, nous avons affaire à une conjoncture sans rapport avec une quelconque revendication érotique. Tout à l'inverse, il arrive qu'une patiente (ou un patient) soit inhibée par la représentation terrifiante qu'elle (ou il) se fait de la scène de l'aveu. Dès 1895, dans les Etudes sur l'hystérie, Freud rapporte la mésaventure d'une patiente qui avait eu jadis le souhait « aussitôt relégué dans l'inconscient, qu'un homme avec lequel elle avait eu une conversation se mette hardiment à la besogne et lui vole un baiser ». Voilà qu'un jour elle est « totalement inapte au travail ». En fin de compte, il s'avère qu'à la suite de la séance de la veille, a surgi en elle un souhait semblable concernant cette fois-ci la personne de Freud. Elle en est horrifiée. Et Freud de conclure que « le transfert sur le médecin est dû à une fausse liaison ».

Dans la conjoncture qui vient d'être évoquée, et quoi qu'un souhait d'ordre érotique et génital y soit en jeu, l'embarras demeure habituellement du côté du patient. Il n'y est d'ailleurs pas question d'amour. Pourquoi, cela étant, l'amour a-t-il si mauvaise réputation dans le monde psychanalytique ? La réponse à cette question est invariablement celle que voici : le psychanalyste a beau être au fait de l'erreur quant à la personne, de la fausse liaison, dans le transfert, dès lors qu'un patient l'aime, il n'en est pas pour autant à l'abri de la tentation de le payer de retour. Dans la vie ordinaire, il est vrai, l'amour réciproque est réputé aboutir à une relation charnelle dont on sait, d'ailleurs, que souvent elle met fin à l'amour.

En psychanalyse, tel est précisément son génie, l'amour peut se déployer en son essence qui est infantile. Il n'y règne, en principe, d'autre amour qu'un amour d'enfant. Et cela d'un côté comme de l'autre. S'interdire d'aimer un patient, ou de prendre du plaisir avec lui, c'est donc faire preuve de résistance contre la psychanalyse. Somme toute, c'est d'une oreille enfantine qu'il peut se produire que l'on entende un patient.

Programme

Henry Bauchau (Paris) - Une histoire d'amour
Jean-Louis Baudry (Paris) - Un amour l'autre - Jean-Louis Baudry prendra appui sur son roman, À celle qui n'a pas de nom et sur celui de George du Maurier, Peter Ibbetson
Alain de Mijolla (Paris) - Premières amours de l'enfant, premières amours des parents
Conrad Stein (Paris) - La scène de l'aveu
Conrad Stein (Paris) - « Nouvelles observations sur l'amour de transfert » - Ce texte, qui fera l'objet d'un débat, sera envoyé aux personnes inscrites aux Journées
Les débats, avec la participation de la salle, seront introduits et modérés par Esther Bitton (Genève), Danièle Brun (Paris), Michel Demangeat (Bordeaux), Roland Gori (Marseille), Patrick Lacoste (Bordeaux), Louis Ruiz (Toulouse), Serge Vallon (Toulouse), Alain Vanier (Paris)

Vendredi 12 janvier

de 20 h 00 à 23 h 00

Communication de Jean-Louis Baudry, table ronde

Samedi 13 janvier

de 10 h 00 à 20 h 00

Communications d'Alain de Mijolla et Conrad Stein, tables rondes
Discussion du texte de Conrad Stein, Nouvelles observations sur l'amour de transfert

Dimanche 14 janvier

de 10 h 00 à 14 h 00

Communication d'Henry Bauchau, table ronde
 
 
Études freudiennes - Pour nous contacter : contact@etudes-freudiennes.org